Le Comité international de Ravensbrück rejette la guerre.

01.03.2022

Le Comité international de Ravensbrück rejette la guerre.

Après la fin de la Seconde Guerre mondiale en 1945, l'Europe avait espéré ne plus entendre le bruit des armes et ne plus voir les populations fuir les chars et les bombardements. Ce n'était pas le cas et au fil des années, nous avons assisté à l'explosion de guerres d'une violence sans précédent en Europe, tuant des milliers de civils. Les invasions soviétiques de Budapest (1956) et de Prague (1968), la très longue guerre des Balkans (1991-1999), la guerre de Tchétchénie (1994 et 1999), la guerre russo-géorgienne pour la reconquête de l'Ossétie (2008) , guerre en Ukraine (2014) dans laquelle la Russie annexe la péninsule de la Crimée et soutient militairement les républiques sécessionnistes du Donbass.

Aujourd'hui, l'avancée des chars russes sur le territoire ukrainien, au-delà des frontières de la région du Donbass dont le président russe reconnaît de manière flagrante l'autonomie par rapport au gouvernement central ukrainien, laisse présager une pénétration plus profonde et plus prolongée dans le pays. Cette invasion militaire de l'Ukraine par la Russie ne trouve ni justifications politiques, territoriales, ni défensives et les similitudes avec l'invasion des Sudètes de 1939 où Hitler revendiquait ce territoire comme appartenant à l'Allemagne, puisqu'il était habité majoritairement par des Allemand.e.s.

L'un des espoirs de l'Europe qui sortait de la guerre était d'aller vers un avenir où non seulement il n'y aurait plus de guerres, mais où les différences de nationalité, de langue et d'origine seraient surmontées. Si d'une part nous constatons favorablement que la population européenne est désormais multiethnique et que les différences d'origine et de langue font partie intégrante et enrichissante de notre expérience, d'autre part nous assistons à des revendications territoriales et de pouvoir qui ont des origines anciennes et qui luttent pour trouver des solutions par la médiation.

Le Comité international de Ravensbrück, à qui le relais de l'histoire a été légué par les rescapés des camps de concentration nazis, témoigne de sa consternation de ce qui se passe et rejette tout acte de guerre, fort de l'histoire de ceux qui ont su trouver solidarité et la force de combattre l'ennemi commun, sans distinction de nationalité, de langue, de croyance religieuse. C'est l'enseignement qui nous a été laissé et c'est ce que nous devons diffuser et poursuivre.

Présidente Ambra Laurenzi